L'actu de Callesol

Apprendre à danser : nos freins.

Apprendre à danser, progresser, dépasser ses blocages n’est pas toujours évident, et n’est pas seulement une question de technique. Et si nos croyances limitantes étaient un frein ?

Vous stagnez dans votre danse ?

Vous avez l’impression de stagner dans votre apprentissage et votre pratique de la danse ?
Peut-être mettez-vous tout en œuvre pour y remedier : cours particuliers, stages intensifs, pratique régulière, etc. Vous avez pourtant la sensation de ne pouvoir dépasser certaines erreurs, habitudes, ou de ne pas pouvoir maîtriser des techniques plus avancées ?
Et s’il n’était pas question ici de limitations physiques, de techniques de danse, mais qu’il fallait plutôt aller voir du côté du fonctionnement de notre cerveau ?

Que sont les croyances limitantes ?

Dans notre vie quotidienne, nous alimentons à chaque instant ce qui sert notre vision de la réalité, construite autour de nos valeurs et croyances. Ainsi, si je crois par exemple que Paris devient vraiment une ville sale, nul doute que je ne verrai dans ma journée que les crottes de chien non ramassées, les poubelles pleines à ras bord, les emballages par terre… Je verrai Paris par le prisme de ma croyance, sans la remettre en cause, là où quelqu’un d’autre alimentera peut-être sa croyance que Paris est vraiment la ville des amoureux en ne croisant que des couples aux paillettes dans les yeux.

Comment identifier une croyance limitante ?

Nombre de pensées peuvent être des freins pour apprendre à danser et progresser.
Ce qui commence par “Je n’ai jamais…” a par exemple de bonnes chances de nous conduire vers une croyance limitante. “Je n’ai jamais eu de rythme, été gracieux/euse, été fort(e) en sport à l’école, réussi à, eu une bonne coordination…”
On continue ?
“Je ne suis pas assez… (cubain ;-), souple, jeune etc)”
“J’ai déjà (essayé une autre danse, pris des cours il y a dix ans, etc) et ça n’a pas marché…”
“Sur moi – sous-entendu mais pas sur les autres… (c’est ridicule, ça fait bizarre, ça rend moche…)”
Tout cela concourt, si nous ne le remettons pas en question, à nous freiner dans notre apprentissage.
Voilà comment, sciemment ou pas, nous scions tranquillement nous-même la branche de notre progression en danse.

Combattre les croyances limitantes avec les croyances aidantes

Un exemple concret :  lorsque j’ai débuté la salsa, j’ai eu des difficultés à réussir les tremblements d’épaule.
Pratiquant la danse classique depuis plusieurs années, je croyais que ce mouvement serait difficile pour moi puisque je ne travaillais pas cette mobilité. Vous comprenez l’équation ? Pour moi, à ce moment-là : danse classique = tenue du corps = difficulté à le lâcher. Bref, une bonne croyance limitante. J’aurais pu le voir différemment, par exemple en me disant que la maîtrise de mon corps obtenue grâce à la pratique de la danse classique me donnerait des facilités dans l’apprentissage d’une nouvelle danse.
Ceci dit, c’est une autre croyance qui m’a aidé dans mon apprentissage de ce mouvement : “avec le travail, la répétition, l’obstination, tout est possible”. Voilà comment une croyance aidante m’a permis de dépasser une croyance limitante, et de devenir une meilleure danseuse. Vous voyez l’idée ?

Comment transformer une croyance limitante ?

Et bien nous pouvons déjà l’interroger : comment je me sens quand je la formule ? Qu’est-ce que je voudrais mettre à la place comme sensation ? Est-ce que j’ai déjà eu cette sensation ? Qu’est-ce que ça me permettrait ?
Partons par exemple de cette croyance : je n’arriverai jamais à bouger mes épaules – un exemple pris tout-à-fait au hasard, mais rassurez-vous ça marche aussi très bien avec “déhancher dans le bon sens, être en rythme…”
Et si je me disais que c’est possible, ça donnerait quoi ? Qu’est-ce que je ferai si c’était possible ? Qu’est-ce que ça me permettrait ?
Si je voulais formuler quelque chose de positif autour de cette possibilité, qu’est-ce que ce serait ?
Pour reprendre l’exemple du tremblement d’épaules, ça pourrait donner : “je crois que quand je saurai bouger mes épaules – formulé positivement donc – je pourrai jouer avec la musique.”

En conclusion

A vous de jouer, maintenant ! Essayer de réfléchir aux pensées qui vous traversent quand vous prenez un cours, que vous dansez en soirée, que vous regardez d’autres personnes danser. Arrivez-vous à identifier une ou des croyances limitantes ? N’hésitez pas à me faire des retours sur les réseaux sociaux ou dans la “vraie vie”, nous pourrons peut-être “détricoter” ça ensemble 😉

Nadège – enseignante en danse latines et activités gymniques, coach de vie.
Dessin de Marc Chalvin, mille mercis à lui.
Mille mercis également à Juliette Einhorn, écrivaine et journaliste, qui a relu et corrigé cet article.